Une page se tourne…

Quoi de mieux qu’un beau couché de soleil hivernal sur Méaban depuis Port-Navalo pour illustrer cet article? 🙂

Chers vous,

Il est temps pour moi de vous annoncer que j’ai fermé la parenthèse de l’aventure « photographe professionnel » que j’avais ouverte pleine d’espoirs il y a un peu plus d’un an maintenant.

Cette année photographique m’aura appris beaucoup, sur le métier et sur moi-même.

C’est une année de « liberté » que je n’oublierai jamais, une année où j’ai tout fait avec le coeur et avec la rigueur qui me caractérisent.

J’ai pris beaucoup de plaisir à rencontrer les couples et les familles qui m’ont fait confiance et que je remercie encore infiniment pour leurs témoignages reconnaissants envers mon travail et moi-même. Sachez que j’ai été sincèrement heureuse de pouvoir raconter un petit bout de votre vie à travers l’objectif de mon appareil photo.

Seulement, bien au delà de l’aspect financier qui ne me permet pas de continuer dans cette voie, il y a des traits de ma personnalité que je ne pourrai probablement jamais changer et qui me semblent complètement incompatibles avec la pratique de la photo professionnelle. Je suis quelqu’un d’hypersensible qui s’accorde rarement le droit à l’erreur, voir jamais… et pourtant, j’en fais quelques-unes comme tout un chacun! Je suis perfectionniste et je manque de confiance en moi au point de n’avoir jamais profité pleinement d’une de mes séances photos (et je ne vous pas parle des mariages ou le droit à l’erreur est nul!), je me mets une pression telle qu’elle m’a été à chaque fois très difficile à supporter et là où certains puisent leur créativité et leur énergie dans ce type de stress, moi je chute, je me retrouve face à une page blanche qui m’empêche de créer, d’imaginer et surtout… de prendre du plaisir.

Et puis au delà de tout ça, seule devant mon écran d’ordinateur à longueur de journée m’a fait souffrir de «manque de vie », je me suis sentie trop souvent seule à errer entre ma chambre, mon bureau et ma cuisine. La désociabilisation me guette et je n’accepte pas cet état de fait.

Aujourd’hui, je ressens le besoin profond de retrouver un « cadre », une activité dans laquelle je me sens et me sais « compétente et légitime » sans me ronger les sangs et dans laquelle, à quelques exceptions près, j’ai toujours pris du plaisir. Aujourd’hui, c’est mon métier de formation que j’ai maintenant hâte de retrouver. J’ai besoin de refaire de la science, des calculs, de revoir l’infiniment petit, de remettre ma blouse blanche, d’analyser des résultats, de reprendre mes pipettes…d’avoir des horaires, une certaines sécurité et de voir du monde grouiller autour de moi. Aujourd’hui, j’ai besoin de servir à quelque-chose et de retrouver du sens… juste ça.

Ma passion pour la photographie et les regards que j’aime tant immortaliser reste intacte et j’ai maintenant terriblement hâte de refaire de la photo « plaisir » sans aucune pression de rendu de résultats et contrainte financière. J’aurai surement pu en faire plus, je m’y suis très certainement mal prise mais la pression ayant tellement coupé l’herbe sous le pied de l’envie et du plaisir que je n’ai finalement pas forcé les choses, je ne me suis pas bousculée et certaines difficultés personnelles m’en ont aussi probablement empêché.

Dans l’hypothèse où j’aurai encore quelques demandes et dans la mesure où je tiendrai toujours à respecter la profession (c’est à dire ne pas faire de la photo gratuite), je reprendrai peut-être un statut de professionnel en activité secondaire dans quelques temps, uniquement pour faire des petites séances avec lesquelles je me sens parfaitement à l’aise.

L’exigence que j’ai envers moi-même ne m’a pas permis de me laisser le temps d’apprivoiser cette activité, j’aurai voulu savoir courir avant d’avoir fait mes premiers pas… je ne supporte pas la médiocrité et le « moyen », cela fait aussi parti de mon caractère entier, la vie pour moi n’est jamais grise… elle sera toujours blanche ou noire, je suis comme ça et je m’accepte telle que je suis parce-qu’au delà de cette expérience, c’est aussi un caractère qui me permet de vivre des choses fortes que je ne regretterai jamais même si la vie n’est pas de tout repos lorsque l’on est quelqu’un de passionné.

Je crois maintenant vous avoir dit tout ce que je voulais et surtout, tel que mon coeur le ressent sans me soucier de ce que pourra dire ou penser untel ou untel et ça, c’est une grande victoire pour moi!

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Je ne verrai jamais cette étape de ma vie professionnelle comme un échec mais plutôt comme une très belle expérience en connaissance de soi, encore une… J’ai appris plein de choses durant ces 14 mois, j’y ai mis toute mon énergie (et pas que…) et comme à chaque étape de ma vie, personnelle ou professionnelle, je ne regrette rien, tout ce qui arrive à un sens et apporte quelque-chose, je fais parti de ceux qui pensent qu’il n’y a pas de hasard…

Merci à tous ceux qui m’ont encouragé depuis le début, vous qui avez bien plus confiance en moi que moi-même. Merci aux photographes que j’ai côtoyé pour la transmission de leur savoir, j’ai appris beaucoup de choses à votre contact et la plus essentielle pour moi est que… je ne suis pas comme vous! Je n’ai pas votre force et votre envie très certainement, pas non plus votre oeil et votre façon de voir les choses comme j’aimerai tant pouvoir les voir. Je continuerai d’admirer votre travail avec mes yeux d’amatrice ébahie par ce que vous arrivez à sortir d’un mariage où d’une simple séance couple et je garderai ce plaisir immense à vous suivre sans me dire: « ohlalala mon Dieu, je ne suis pas légitime à côté d’eux ».

J’ai toujours détesté les gens qui se disent photographes et qui font de la photo médiocre (en premier lieu techniquement) alors je ne me laisserai jamais l’éventualité de faire partie de ceux-là.

Aujourd’hui, je suis forcément un peu triste mais je suis surtout franchement soulagée… soulagée de cette pression que je n’arrivais pas à supporter (qui a pourtant duré peu!), soulagée à l’idée de retrouver des repères et une certaine sécurité même si en 2015, le mot sécurité est assez relatif.

J’ai toujours dit que je préférais vivre avec des remords que des regrets, je n’aurai au moins pas le regret de ne pas avoir essayé.

On se retrouvera ici-même pour des photos « plaisir », ce site et mes pages de réseaux sociaux ne fermeront pas et je continuerai de les alimenter de temps à autre, en fonction de mes projets personnels qui verront le jour petit à petit. La passion des regards et des émotions ne me quittera pas de sitôt!

Plusieurs mises à jour du site auront lieu dans les semaines à venir, notamment pour mettre l’aspect professionnel en veille prolongée et publier des articles qui me tiennent à coeur sur le travail effectué cet été, qui, même si l’activité s’arrête, à sa place ici.

Merci pour tout et surtout, pour votre compréhension.

Christelle

Maintenant, mon regard se tourne vers l’avenir et je termine avec cet auto-portrait en pose longue qui me touche particulièrement… allez savoir pourquoi?… « Ma Bretagne… »

Crouesty ©Christelle Hachet Photographie-17

Commentaires

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2 Comments
  • Lililali
    21 octobre 2015 at 12 h 35 min

    Oh quel dommage que tu manques de confiance en toi! Bon je suis mal placé pour te faire la leçon mais je peux te dire que tu n’as pas à avoir de « complexe » ou de doutes sur tes qualités de photographe ou ton professionnalisme! En tout cas je te souhaite tout de bon comme on dit dans la région!

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